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INTRODUCTION

 

La problématique de l’emploi se pose avec acuité pour tous les pays du monde. En effet, la crise économique et financière provoque aussi une crise de l’emploi. Même les pays développés ne sont pas  épargnés par cette situation a fortiori les pays en développement à l’instar du Sénégal. L’accès à un premier emploi constitue le défi d’une jeunesse qui, après une formation académique et professionnelle de longue durée, ayant souvent mobilisée les ressources limitées des parents, peine à avoir même une première embauche. Si trouver un emploi demeure un défi pour un  jeune ; pour l’Etat, il constitue une mission prioritaire. Ce chapitre  s’inscrit dans une perspective de trouver les remèdes aux difficultés pour les jeunes à disposer d’un emploi. Par conséquent, de l’état des lieux relatif à l’évolution du secteur aux infrastructures, en passant par les acteurs et organisations du secteur dans la région de Kaolack, nous pourrons détecter les atouts et contraintes qui favorisent ou freinent le développement de l’emploi. Nous allons finir en dégageant quelques perspectives et en proposant des recommandations concernant l’emploi des jeunes.

Encadré n°16.1 : Quelques définitions relatifs au marché du travail

Etre occupé ou pourvu d’un emploi, c’est le fait d’avoir travaillé au moins pendant une heure au cours de la semaine ayant précédé l’enquête.

Etre au chômage c’est remplir les conditions définies par le BIT qui retient trois critères devant être remplis à la fois : le fait d’être dépourvu d’emploi dans la période retenue (les 7 derniers jours précédant l’interview ou date de l’enquête), être activement à la recherche d’un emploi et être disponible pour occuper un emploi dans les deux semaines.

La population active comprend les personnes pourvues d’un emploi et celles au chômage.

La population inactive est définie par opposition à la population active. C’est donc l’ensemble des personnes qui ne remplissent pas les conditions permettant de les compter parmi les personnes actives (c’est-à-dire occupée ou au chômage). Elle comprend les personnes au foyer, les élèves et étudiants, les handicapés, les retraités, les rentiers et toutes les personnes se trouvant dans une situation d’inactivité similaire, qui n’ont pas travaillé et n’ont pas cherché du travail dans la période de référence définie.

Le BIT suggère que l’âge minimum soit 15 ans, mais tout en donnant des degrés de liberté aux pays afin de l'adapter à leur propre contexte juridique ou socio-économique. Le choix de 10 ans nous paraît le plus approprié dans la mesure où peu d’enfants travaillent avant cet âge.

Source : Rapport national de l’ESPS_2010-2011

 

1. L’état des lieux

La situation de ville carrefour et de région à vocation agricole déterminent le type d’entreprises et par ricochet la nature de l’emploi dans la région de Kaolack. La configuration de l’emploi dans celle-ci se caractérise par un type d’emploi à caractère formel mais aussi par un autre type d’emploi de nature informelle.

Dans le secteur formel, le tissu économique se caractérise, sur le plan industriel, par l’existence de quatre (4) entreprises avec des effectifs en personnel permanent qui tournent aux alentours de 193, en personnel saisonnier d’environ 334 et journalier de 5371. Nous pouvons remarquer que le type d’emploi dans le secteur formel est dominé par un emploi de nature saisonnière et journalière. Cela s’explique par le fait que les entreprises de la place ont une activité  essentiellement saisonnière. Par conséquent, les travailleurs concernés par ces emplois ne sont actifs que pour une partie de l’année et l’activité elle-même est dépendante de considérations exogènes qui déterminent sa durée. Par exemple, la mauvaise campagne de l’année passée n’a pas permis aux entreprises comme la Suneor d’avoir des quantités de graines suffisantes, ce qui a fait que les contrats saisonniers n’ont durée qu’un mois, provoquant un chômage de plus longue durée pour les travailleurs qui avaient l’habitude de travailler au moins entre 4 et 6 mois.

En outre, il est constaté l’existence d’entreprises de service constituées par des établissements bancaires, de micro finances, des ONG et projets, des pharmacies, des stations de service, des cabinets, etc. Au total, il existe 8 banques qui emploient un effectif qui tourne autour de 100 personnes, 26 ONG avec 349 travailleurs, des projets et programmes qui sont au nombre de cinq (5) avec des effectifs de 90 travailleurs, 6 institutions de microfinance avec des effectifs qui tournent autour de 26 travailleurs. Dans les établissements de service comme les banques et les entreprises de téléphonie, le recours aux travailleurs en mission et aux stagiaires est devenu une pratique courante et ne respecte pas toujours les dispositions légales et réglementaires qui protègent ce type de travailleur. Ce qui fait, souvent, que certains jeunes sont, soit, utilisés comme stagiaires avec l’espoir d’un recrutement qui ne viendra peut-être jamais soit comme travailleur en mission avec une précarité qui se perpétue. Il faut souligner également les emplois de la fonction publique d’Etat constitués majoritairement du personnel des secteurs de l’éducation et de la santé.

L’offre d’emploi formel est assez restreinte dans la région. De 2005 à 2013 le bureau de la main d’œuvre a enregistré en moyenne 640 demandeurs d’emploi par an avec une forte tendance à la baisse du fait de l’insuffisance des offres d’emploi et le manque de lisibilité du marché du travail. Les offres d’emploi reçues dans le cadre de la convention nationale  Etat-employeurs tournent autour de 33 pour cette période, soit 6 offres par an.

L’emploi informel apparaît  comme un palliatif au déficit d’emploi formel. Cet emploi informel est constitué en général du commerce et des activités des conducteurs de vélos-taxis. Dans la région de Kaolack, beaucoup de jeunes, en difficulté pour trouver un emploi dans le secteur formel, s’adonnent à la conduite des vélos-taxis. Cette activité bien que non organisée est un recours pour résorber ce nombre important de jeunes oisifs. L’état des lieux montre que le secteur formel ne répond pas correctement à la demande d’emploi des jeunes diplômés à la recherche de leur premier emploi et le secteur informel est par essence inorganisé. Par conséquent, trouver une solution à la problématique de l’emploi suppose la levée des contraintes qui gangrènent le développement de celui-ci.


Répartition du nombre d’établissements déclarés selon le nombre de travailleurs et le statut en 2013

Nombre Etablissement

Nombre travailleurs

Total

68

Permanents

Occasionnels

 

133

119

14

Source : Inspection Régionale du Travail et de la Sécurité Sociale

 

Situation des visites effectuées par l’IRTSS en 2013

Nombre de journée

Nombre Etablissements visités

Mesures prises

 

Lettres observations

Mises en demeures

Convocation à l’IRTSS

Total des mesures prises

05

23

00

00

00

23

Source : Inspection Régionale du Travail et de la Sécurité Sociale

 

Situation des visites de consultation reçues par l’IRTSS en 2013

ORALES

ECRITES

TOTAL

Employeurs

Travailleurs

Employeurs

Travailleurs

802

1042

02

00

1846

Source : Inspection Régionale du Travail et de la Sécurité Sociale

 

Répartition des accidents du travail déclarés selon la durée de l’Interruption

Temporaire de Travail (ITT) en 2013

NATURES

NOMBRE

Pas de jour d’incapacité

00

Incapacité inférieure à 30 jours

15

Incapacité supérieure à 30 jours

11

Accident ayant entrainé la mort

00

Incapacité indéterminée

00

Total

26

Source : Inspection Régionale du Travail et de la Sécurité Sociale

 

2. Les demandes d’emploi

Le nombre d'inscrit au niveau du registre des offreurs et des demandeurs d'emploi de l'Inspection Régionale du Travail est 40 en 2013, ce nombre d’inscrit a encore chuté par rapport aux années précédentes. Parmi les inscrits au niveau du registre plus de la moitié sont de sexes masculins avec 52,3% de l’effectif des inscrits contre 47,7% de sexes féminins.

Répartition des demandeurs d’emplois inscrits auprès des inspections du travail selon le statut en 2013

MASCULIN

FEMININ

TOTAL

Chômeurs

12

5

17

Débutants

7

12

19

Manœuvres ordinaires

4

0

4

Personnes sous employés

0

0

0

TOTAL

21

19

40

Source : Inspection Régionale du Travail et de la Sécurité Sociale

 

3. Les statistiques des contrats du travail

L’évolution des contrats de travail enregistrés au niveau de l’Inspection Régional du Travail et de-la Sécurité Sociale (IRTSS), nous indique qu’en 2013, 751 contrats de travail ont été répertoriés au niveau de la région de Kaolack contre 1002 en 2012, soit une baisse annuelle de 25%. Cette baisse s’explique, en partie, par la forte diminution des CDD et des CDIND avec respectivement 162 et 414. Ainsi, aucune hausse n’est enregistrée pour les différents types de contrats par rapport à 2012. Plus de la moitié (55,13%) des contrats enregistrés sont des CDIND, suivi des saisonniers avec (23,33%) des contrats et en dernier viennent les CDD avec (21,6%) des contrats de travail de la région. Il est noté une absence des apprentis et stagiaires au niveau des données observées en 2013.

Répartition des contrats de travail selon le sexe en 2013

CDD

CDIND

SAISONNIER

APPRENTI

STAGIAIRE

TOTAL

Masculin

123

322

175

0

0

620

Féminin

39

92

0

0

0

131

Total

162

414

175

0

0

751

Source : Inspection Régionale du Travail et de la Sécurité Sociale

 

CDD: Contrats à Durée Déterminée     ,     CDIND: Contrats à Durée Indéterminée

 

Figure 18 : Répartition des différents types de contrats selon le sexe en 2013

figure_18

 

Source : Inspection Régionale du Travail et de la Sécurité Sociale

 

4. Les contraintes du secteur

Le secteur de l’emploi dans la région est difficilement maîtrisable, à cause de :

  1. la part importante du secteur informel, souvent constitué d’entreprises de petite envergure et dont l’existence est éphémère ;
  2. l’importance de la population rurale ;
  3. la non disposition de statistiques actualisées pourtant sur l’emploi comme le taux de chômage, le taux d’activité, le taux de participation, etc. (l’IRT gère surtout le secteur du travail à savoir les inscriptions, les placements).

La crise ambiante, qui a rendu les entreprises plus craintives (réticentes) en matière de recrutement à la difficulté majeure auquel est confronté le secteur de l’emploi. Néanmoins, pour pallier les difficultés de ce secteur, il urge de :

  1. favoriser l’auto emploi ;
  2. asseoir une bonne stratégie de communication en direction des demandeurs d’emploi par rapport aux dispositifs de création d’emploi mis à leur disposition ;
  3. mettre en place une politique d’emploi bien articulée.

Parmi les contraintes du secteur, il faut noter le manque de visibilité du marché du travail. En effet, beaucoup de demandeurs, soit, ne connaissent pas l’existence du registre d’emploi ouvert à cet effet ou sont découragés par le fait que leur inscription n’est jamais suivie d’effet en termes d’offres. Le service de la main d’œuvre manque de moyens pour mener à bien ses missions. L’agent en charge des questions relatives à la main d’œuvre a été doté d’une moto pour faciliter son travail. Toutefois, son statut précaire, le manque de motivation et de frais d’entretien de la moto en cas de panne constituent des facteurs limitant son activité.

  1. Le non-respect de l’article  L228 du code du travail qui oblige les employeurs à saisir les services de la main d’œuvre en cas de vacance de poste dans leurs entreprises. En effet, les entreprises doivent tenir informer les services en charge de la main d’œuvre pour toute vacance de poste. Mais cette disposition n’est pas respectée par ces dernières.
  2. Le problème de l’adéquation formation-emploi se pose aussi. En effet, certaines entreprises à Kaolack sont souvent confrontées à des difficultés pour trouver certains profils. Pour disposer des emplois de techniciens qualifiés tels que des électrotechniciens, de mécaniciens de haut niveau, des DUT, il faut souvent se tourner vers Dakar. Certains responsables de personnel ont souligné le fait que le lycée technique de Kaolack ne forme que dans les filières commerciales et non dans celles techniques. Ce qui du coup ne répond pas à leur besoin en personnel qualifié.
  3. La convention nationale Etat-employeur n’est pas aussi bien vulgarisée. La majeure partie des employeurs surtout les responsables de PME et PMI ne connaissent pas cette convention alors que celle-ci a pour objet de leurs faciliter l’obtention de main d’œuvre avec le concours de l’Etat.  Certains employeurs  sont, par contre, sceptiques quant-aux remboursements de la contrepartie Etat qui se font tous les trois mois.
  4. La création d’entreprises enregistrées auprès de nos services renseigne que ces dernières sont essentiellement des entreprises individuelles qui sont créées uniquement pour concourir à des marchés publics et ne sont pas porteurs d’emplois. Pour l’année 2013, sur les 34 établissements ouverts créant 57 emplois, 22 ont fait l’objet de fermeture détruisant ainsi 44 emplois.
  5. La création d’entreprises à haute intensité de main d’œuvre capable de résorber les demandeurs d’emploi est inexistante. Les entreprises qui emploient des mains d’œuvres importantes datent d’avant les indépendances. Il n’y a pas de nouvelles grandes entreprises industrielles capables d’offrir des emplois pour les jeunes. Les entreprises de service ont des effectifs pas trop importants et souvent elles sont des succursales, pour qui le recrutement de leur personnel est fait à partir de la société mère qui se trouve à Dakar. Même les stages sont gérés par les services des ressources humaines au niveau central.
  6. En outre, le secteur informel est très présent dans la région mais il n’est  pas créateur d’emplois rémunérés. Ce secteur est dominé par le sous-secteur du commerce qui se distingue par des initiatives individuelles. Dans ce secteur nous constatons que les personnes qui s’y activent  n’ont pas de contrat de travail et par conséquent pas de protection sociale. La difficulté réside dans le fait de les convaincre à se formaliser ou au moins, à passer des contrats de travail pour les personnes qu’elles occupent. Elles prétextent souvent que c’est une affaire familiale. Ce qui n’est pas forcément vrai et quand bien même il le serait, ne s’oppose pas au respect des dispositions du code du travail.

5. Les perspectives et recommandations

Il découle de l’état des lieux et des contraintes du secteur les recommandations suivantes qui nous semblent nécessaire pour améliorer le problème de l’emploi des jeunes dans la région de Kaolack.

  1. Promouvoir l’emploi local avec la régionalisation des stratégies de la politique nationale de l’emploi pour une meilleure prise en charge des besoins locaux de développement, en mettant l’accent sur l’emploi rural et l’emploi vert avec la création de fermes agricoles et boutiques de référence en collaboration avec les ASC, les associations de quartiers et comités villageois.
  2. Il serait opportun de rendre plus visibles les activités et les offres du service de la main d’œuvre en termes d’accueil des demandes et des offres en matière d’emploi. Cela suppose que ce service soit mieux doter en moyens humains et matériels pour lui permettre d’être présent sur le terrain afin de faire de la prospection. Dans cette même optique le plaidoyer doit être fait auprès des chefs d’entreprises pour qu’ils saisissent les services de la main d’œuvre des offres d’emploi en cas de vacance de poste mais de manière globale en cas de recrutement. Une telle démarche peut être utile pour les statistiques en matière d’emploi. Les pouvoirs publics doivent être informés du nombre d’emplois créés par les entreprises. Sans cela le marché de l’emploi devient opaque. C’est à cet effet que la base de données «Â Accueil Emploi » logées à l’inspection du travail, a été mise sur pied en vue de recenser l’offre et la demande d’emploi au niveau national et international.
  3. En ce qui concerne le secteur informel, en l’occurrence les conducteurs de vélos-taxis. Cette activité mériterait d’être organisée dans l’optique de connaître le nombre de jeunes qui s’y adonnent, le revenu journalier, mensuel et annuel qu’elle génère. En résumé, il est important de savoir l’apport de cette activité dans l’économie de la région. En outre, la création d’une mutuelle de santé pour prendre en charge les frais médicaux des acteurs pourrait s’avérer nécessaire en cas de maladie.

Archives :

Chiffres Clés 2009

Chiffres Clés 2010

Chiffres Clés 2011

 

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